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Au cœur des startups de la Proptech

Interview croisée entre Hugo Gervais, cofondateur de la société Urbest et Thomas Oursel, fondateur d’Ogest. Tous deux vont vous présenter leur entreprise respective : les évolutions apportées, les freins rencontrés, ou bien encore les avantages à déployer leur solutions.

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Hugo : Comment s’est lancée l’aventure Ogest et dans quel contexte ?

Thomas : Ogest a été créé en 2013, je travaillais à l’époque dans le milieu du contrôle réglementaire et j’étais en contact avec des propriétaires de gestionnaires de bâtiments. On a fait le constat ensemble qu’il y avait une difficulté à gérer un bâtiment : à la fois de “savoir ce que je dois faire en fonction de ses équipements”, de “suivre toutes les actions à mener” et avoir une “traçabilité sur ces éléments là”. C’est en échangeant avec ces différents clients qu’est venu l’idée de Ogest pour répondre à ses besoins.

Hugo : Quel a été l’évolution par rapport au lancement ?

Thomas : On a gardé la même idée au cœur de notre solution et service sur la problématique : “qu’est-ce que je dois faire sur mes bâtiments et comment j’arrive à le faire de manière optimale”. On a eu beaucoup d’évolution en ce qui concerne l’interface utilisateur, on a beaucoup appris des retours de nos clients. Et on a intégré au cours de notre évolution à la fois des services additionnels mais également des automatismes qui permettent de récupérer des informations auprès de nos partenaires en limitant l’erreur et le temps qu’on y passe.

Hugo En termes de gestion réglementaire, les obligations changent régulièrement. Comment faites-vous pour les gérer et avoir un référentiel fiable ?

Thomas : La France a une réglementation qui change souvent mais il y a d’autres pays où la réglementation est tout aussi compliquée. La logique qui est derrière Ogest est de partir de la description du bâtiment, des installations qui sont présentes dessus, ça nous permet ensuite lorsqu’une réglementation évolue de mettre à jour automatiquement les différentes obligations qu’il va y avoir sur le bâtiment.

Hugo : Ogest peut se décliner dans d’autres pays ?

Thomas : En effet on l’a fait en Espagne, on a parlé de la complexité de la réglementation Française. En Espagne ce n’est pas beaucoup plus simple. L’Espagne possède plusieurs niveaux de réglementation : national et autonomie (province). Ce qu’on fait en France, on peut le décliner dans d’autres pays.

Thomas : Qui est à l’origine de la création d’Urbest ?

Hugo : J’ai lancé Urbest en 2016 avec un ami à Londres. À l’époque, nous étions tous les deux dans des grands groupes. On se voyait régulièrement pour parler de startup, d’Elon Musk et de divers sujets. Un jour je lui ai parlé d’une plateforme anglaise qui s’appelle Fix My Street qui permet de remonter des problèmes sur l’espace public. Je lui expliquais que c’était dommage de ne pas aller jusqu’au bout de la confrontation entre les personnes ayant des besoins sur les espaces urbains et les prestataires de services. Un jour, je revenais de vacances et il avait commencé un premier prototype avec deux développeurs, c’est ainsi qu’après un mois on s’est lancé dans l’aventure à quatre personnes.

Thomas : Qui ont été les premiers à basculer sur ce service ?

Hugo : Nos premiers clients ont été dans l’immobilier de bureaux avec des prestataires techniques. Puis, nous avons été sollicités par un architecte pour des projets de rénovations dans le logement social avec cette même valeur de collecter des besoins d’un grand nombre de personnes de façon à sourcer les données et permettre le traitement derrière. C’est comme ça que nous sommes arrivés au segment de la rénovation milieu occupé puis au fil du temps dans le secteur de l’éducation et le secteur résidentiel en bloc. Chaque organisation va s’approprier la plateforme en fonction de sa spécificité des types de service à suivre, en fonction de leur occupant.

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Hugo Et vous, où en êtes-vous sur le plan collaboration et partenariats ?

Thomas : Ogest n’est pas une plateforme fermée, mais une solution qui est capable d’échanger des informations avec d’autres solutions. L’idée est de s’interfacer avec d’autres solutions, soit pour y piocher de l’information et l’afficher aux clients, soit pour envoyer des informations. On a des partenariats qui nous permettent de récupérer des données notamment les rapports de contrôle mais aussi des données sur l’énergie.

Thomas : Qu’est-ce que vous pouvez rencontrer comme frein à l’adoption ?

Hugo : Il y a plusieurs aspects qui peuvent être des freins, il y a le côté multi décideurs, l’appréhension sur le temps du déploiement. Beaucoup d’entreprises ont déjà fait des projets informatiques que ce soit des déploiement en interne ou en externe, ils n’ont pas tous eu des bons souvenirs. Par défaut une appréhension à surestimer le temps de déploiement et le temps pour se mettre à utiliser une solution en abonnement logiciel (SaaS). C’est un frein sur lequel il faut rassurer. Il faut savoir identifier la bonne personne qui va vite comprendre l’outil et qui va voir la valeur réelle de la plateforme. Il y a toujours un décalage entre la valeur perçue et la valeur réelle au bout de 3 mois.

Thomas : J’ai vu que vous étiez présent dans plusieurs pays, où est-ce que vous êtes déployés actuellement ? Est-ce qu’il y a des marchés plus porteurs que d’autres ?

Hugo : Actuellement, nous sommes présents en Belgique, au Royaume-Uni, au Brésil et au Maroc. On constate qu’au Maroc il y a moins de solutions qu’en France. Les propriétaires de bureaux sont moins sollicités. On a eu un accueil très favorable à notre application au Brésil, avec beaucoup de demandes de démonstrations. Nous avons été accompagnés par Business France qui nous a dit que l’ on avait eu un taux anormalement élevé de rendez-vous par rapport aux entreprises qu’ils accompagnent. Le Brésil fait partie du top 3 des téléchargements dans le monde.

Thomas : L’impact de la Covid sur l’année 2020 ?

Hugo : On a fait x4 sur notre chiffre d’affaires, je ne sais pas si on aurait eu plus ou moins sans la Covid. La crise sanitaire a accéléré les outils digitaux comme la visioconférence. Avant les personnes m’auraient dit “Le digital ce n’est pas fait pour moi”, aujourd’hui je n’entends plus cette objection. Tout le monde est en train de prendre le pied numérique.

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