Aujourd’hui nous préparons la reprise d’activité des sites immobiliers suite au confinement. Nous devons nous poser les bonnes questions concernant la mise en place du plan d’action, notamment pour les parcs d’installations de ventilation. Cet article décrit les modes de transmission du COVID-19 via l’air, et présente des mesures pouvant être entreprises afin de limiter la propagation du Covid-19.

Modes de transmission

Deux modes de transmission aérienne du COVID-19 pourraient exister, d’après les études menées jusqu’à aujourd’hui :

  1. Particules d’une taille supérieure à 10 microns – L’OMS a identifié la propagation par gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou par la bouche lorsqu’une personne tousse ou éternue.
    Ces gouttelettes retombent sur le mobilier et les surfaces de vos locaux. Lorsque l’on touche ces gouttelettes, le virus peut se retrouver sur nos mains. On peut alors être infecté si l’on se touche ensuite les yeux, le nez ou la bouche.
    Si nous ne respectons pas les distances appropriées avec les personnes infectées, on peut également inhaler ces gouttelettes et être infecté.
  2. Particules d’une taille inférieure à 5 microns – Celles-ci peuvent être transportées sur de plus longues distances.
    Les particules de COVID19 pourraient rester actives jusqu’à 3 heures dans l’air intérieur, et jusqu’à 3 heures sur les surfaces. Mais cela n’est pas encore scientifiquement prouvé.
    Cette supposition se base sur l’étude des épidémies précédentes de SRAS en 2003-2004 et de MERS en 2012. Le COV19 a pu être isolé par le passé via les bouches d’extraction d’air dans les chambres occupées par des patients infectés.
    La distance maintenue entre les personnes ne serait alors pas suffisante, et augmenter le débit de renouvellement de l’air permettrait d’éliminer un volume plus grand de particules.

Mesures de précaution

Chaque mesure à mettre en place doit être étudiée au préalable afin de s’assurer de sa contribution à la diminution de la propagation du virus.

Voici les mesures pouvant être mises en place selon l’Association des Ingénieurs et techniciens en Climatique, Ventilation et Froid :

Augmenter l’extraction et l’amenée d’air

La durée de fonctionnement des installations de ventilation des bâtiments doit être revue à la hausse. On peut par exemple programmer l’installation à vitesse nominale 2 heures avant l’occupation des locaux et laisser l’installation fonctionner à vitesse réduite jusqu’à 2 heures après la fin d’occupation du bâtiment.
Pour assurer la vitesse nominale, on peut régler le point de consigne du CO2 du système contrôlé à une valeur de 400 ppm.
Plus efficace : on maintient une ventilation continue en abaissant le débit lorsque le bien est occupé. Si les lieux ont été évacués à cause de la pandémie, nous vous conseillons la mise en place de cette mesure.
Cette mesure participera à évacuer les particules virales du bâtiment. L’objectif est de donner un maximum d’air frais par occupant. Le maintien des postes de travail à une distance de plus de 2m participera également à atteindre ce but.

Ouvrir les fenêtres

Il est conseillé d’utiliser au maximum la ventilation naturelle par les ouvrants de façades. Aérer un local pendant 15 minutes lorsqu’on arrive pour l’occuper et a fortiori lorsqu’il a été antérieurement occupé semble une mesure adéquate. Cette mesure peut être mise en oeuvre même en présence d’un équipement mécanique.
Il faut tout de même être vigilant : pour les sanitaires, un tirage naturel ou mécanique est présent et l’on peut créer une circulation inversée de l’air. Dans ce cas-là, il faut éviter l’ouverture des fenêtres.
S’il n’y a pas de système de ventilation en place dans les sanitaires, il faut créer un courant d’air avec l’ouverture.

Humidification et conditionnement de l’air

Le Covid-19 est résistant aux conditions de son environnement, donc aucune mesure particulière n’est à prévoir concernant l’humidification de l’air. Une humidité supérieure à 80% et une température de plus de 30 degrés peuvent avoir un effet mais ce ne sont pas des conditions acceptables pour les occupants et la préservation des biens.
Lorsque l’humidité relative de l’air ambiant est inférieure à 20%, les voies aériennes supérieures et les muqueuses nasales sont plus sensibles aux infections, c’est pour cela que l’on conseille d’humidifier l’air jusqu’à environ 30%. Seulement nous nous trouvons actuellement au printemps et l’humidité relative de l’air respecte ces paramètres. Si nous nous étions trouvés en période hivernale, cette mesure aurait pu être envisagée.

Organes de récupération de chaleur : sécuriser leur utilisation

S’ils sont mal maintenus, les échangeurs air-air rotatifs peuvent être sujets à des fuites importantes. La pression peut être plus élevée du côté de l’air extrait, ce qui entraîne une fuite de l’air extrait vers l’air neuf. Les systèmes de récupération de chaleur peuvent réintroduire des particules chargées en virus dans l’amenée d’air.
Nous recommandons d’inspecter ces installations (en respectant les mesures de sécurité, le port de gants et une protection respiratoire).
L’usage des récupérateurs à batteries séparées est à privilégier.
Dans l’impossibilité d’utiliser ces systèmes vous pouvez :

  1. régler la pression (à corriger avec des volets par exemple),
  2. mettre en place un by passage.

Désactiver la circulation de l’air

Pour éviter la réintroduction de l’air extrait dans les circuits d’amenée d’air, il est conseillé de fermer les volets de recirculation (par la GTB/GTC ou manuellement).
Il faut que cette mesure soit acceptée par les occupants car cette mesure va au détriment de leur confort thermique, pour assurer leur santé.
Bien que ces volets puissent être équipés de filtres, cette filtration n’est pas HEPA (particules aériennes à haute efficacité) donc insuffisante.
Les systèmes à circulation locale dans les locaux ne nécessitant pas de refroidissement doivent être éteints. S’ils ne sont pas arrêtés il faut maintenir leur fonctionnement en continu afin de ne pas faire stagner les particules sur les filtres et occasionner la sortie du virus par le flux d’air extrait.

Nettoyage des conduits

Cette mesure n’est pas nécessaire car non efficace dans le cadre de contamination entre deux locaux. Ce n’est pas une source de contamination si les mesures précédentes sont appliquées.

Renouvellement des filtres de l’air extérieur

L’air extérieur a généralement une charge virale faible, et les filtres sont suffisamment performants vis-à-vis des particules fines. Ces filtres doivent seulement être nettoyés selon la procédure normale : en cas de perte de charge ou si leur date limite est expirée. Il ne faut pas que ces filtres réduisent le débit d’air neuf. SI le bâtiment a été sujet à une infection, il faut être vigilant lors du changement de filtres et appliquer les mesures adéquates : arrêter le système avant la maintenance et s’assurer du port des gants et des protections respiratoires.

Mise en place de purificateurs d’air

Utiles dans certains cas, ils sont utilisés pour des surfaces de 10m2. S’ils sont amenés à protéger des zones spécifiques dans des locaux plus grands, il faut placer l’équipement au plus près de la zone. Pour que le matériel soit efficace, il faut privilégier l’achat des équipements suivants :

  1. avec filtre HEPA
  2. avec filtre électrostatique
  3. utilisant des UV (utilisation souhaitable en établissements de santé)

En conclusion, restons vigilants au niveau des mesures d’aération et de ventilation que nous mettons en place pour stopper la propagation du virus. Il faut entreprendre les mesures adaptées au parc immobilier et à l’activité dont il fait l’objet lors de son exploitation.

Sources