Dans le cadre de l’épidémie de actuelle de Covid 19, certains établissements ont fermé leurs portes, sous la contrainte ou par manque d’activité.

Cependant, de nombreux bâtiments maintiennent une activité,  souvent réduite, et continuent d’accueillir des usagers. Nos plans de continuité d’activité sont actuellement mis à l’épreuve, et confrontés pour la première fois à une pandémie de cette ampleur. Dans ces conditions, comment assurer la sécurité des personnes présentes dans nos bâtiments ?

De plus, le début du retour à une activité normale devrait avoir lieu à partir du mois prochain. Quelles actions mettre en place pour accompagner ce retour à la normale ?

Principes généraux

Sur chaque bâtiment, une analyse des risques cohérente avec les spécificités liées à l’activité de chaque site doit être réalisée. Cette analyse a pour but d’identifier les risques présents dans un environnement, et de mettre en place des actions permettant de limiter la fréquence ou la gravité des incidents liés aux risques recensés. La plupart du temps, l’élimination totale du risque n’est pas possible.

En fonction du contexte, ce plan d’actions se matérialise dans un document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), plan de prévention, plan général de coordination SPS (PGC) et plan particulier (PPSPS)…

Ces plans de prévention des risques, qui relient sociétés, salariés, prestataires doivent être mis à jour pour intégrer ce risque nouveau.

Les risques directement liés au Covid 19

Pendant la durée de l’épidémie, qui couvre la période de confinement actuelle, mais qui concernera également la phase de reprise d’activité, le premier risque qui vient à l’esprit est évidemment le risque de propagation de la maladie.

En effet, il est nécessaire de prendre tous les moyens nécessaires pour limiter le risque de propagation du virus. Pour les personnes présentes sur les bâtiments, mais également pour celles avec lesquelles elles pourraient être en contact.

Tout d’abord, les mesures d’ordre général suivantes doivent être mises en place. Cela commence par l’information aux personnes (usagers mais également prestataires), et le suivi des règles mises en place. Les premières règles généralement appliquées ont pour but de faciliter la mise en œuvre des gestes barrière : assurer la mise à disposition d’eau et de savon, ou à défaut de solution hydroalcoolique. Il est également important de limiter l’échange de gouttelettes. Cela peut être réalisé par la mise en place de mesures de distanciation sociale : télétravail, réunions en visio, échelonnement des horaires de travail, de repas, limitation de la co-activité sur les chantiers… En fonction des activités, cela peut également être favorisé par la mise à disposition des masques, d’écrans de protection ou de zone tampon pour isoler les personnes du public.

Le nettoyage des locaux est également au centre des actions mises en œuvre. Une attention particulière sera ainsi portée sur les points de contacts, ces surfaces susceptibles d’être touchées par tous les occupants du bâtiments : poignées de portes, boutons d’ascenseurs, abattants de WC…

En fonction de la configuration des locaux, d’autres mesures spécifiques peuvent également être mises en œuvre. On peut par exemple envisager, compte tenu de la douceur du début de printemps, de faire fonctionner les centrales de traitement d’air en 100% air neuf.

Les autres risques liés à l’exploitation des bâtiments

Malheureusement, l’apparition d’un risque nouveau ne fait pas disparaître ceux qui existaient auparavant.

Les risques d’incendie, de chute, d’électrocution sont toujours présents sur nos bâtiments. Et tant que l’on continue d’y accueillir des usagers, il est nécessaire de continuer à leur garantir un niveau de sécurité optimal.

Là encore, une analyse de risques prenant en compte les spécificités de chaque site permettra de déterminer les actions à réaliser.

On retrouvera d’un côté les installations nécessaires au fonctionnement de l’immeuble. Par exemple, les moyens de lutte contre l’incendie. Ainsi, il est par exemple nécessaire d’assurer la continuité des équipes des services de sécurité incendie et les vérifications techniques des différents moyens de secours.

Certains équipements peuvent ne pas être nécessaires au fonctionnement à court terme de l’immeuble. Cela peut par exemple être le cas des nacelles, ascenseurs, lignes de vie, certaines portes automatiques… Dans ce cas, si leur maintien en condition ne peut être assuré, une mise à l’arrêt est à envisager.

Les entreprises qui interviennent sur ces installations sont, comme toutes les autres impactées par la crise sanitaire actuelle, et se doivent de protéger leurs salariés. Toutefois, avec l’aide des différents organismes de prévention, elles sont de plus en plus nombreuses à avoir mis en œuvre des mesures organisationnelles qui leur permettent d’assurer leurs missions. D’une manière générale, leur niveau d’activité est aujourd’hui plus impacté par la baisse des commandes que par leur capacité à produire.

Les risques spécifiques liés à la baisse ou à la reprise d’activité

D’autres risques peuvent également apparaître, du fait de la baisse d’activité sur les bâtiments.

La stagnation de l’eau dans les réseaux facilite par exemple le développement des légionelles, et peut également avoir un impact sur la potabilité de l’eau. Le non réapprovisionnement des systèmes de traitement d’eau peut également conduire à la détérioration des qualités physico-chimiques de l’eau, et nuire aux installations de chauffage ou aux canalisations.

L’arrêt des systèmes de ventilation peut entraîner une accumulation d’humidité, susceptible d’entraîner des dommages sur les ouvrages.

Pour toutes ces installations, il sera également préférable d’assurer un fonctionnement minimal, et d’effectuer des mesures avant la reprise d’activité (analyse légionellose, potabilité, etc.).

Pendant la durée du confinement, de nombreuses opérations de maintenance et de contrôle ont été annulées. Ces opérations, qui ont pour but d’assurer la sécurité des personnes, devront normalement se dérouler en amont de toute reprise d’activité. Les sociétés de maintenance et de contrôle ont mis en œuvre des mesures permettant de maximiser leur capacité de production en sortie de confinement, prévue actuellement le mois prochain. Quelques échéances ont été prorogées, dans certaines conditions spécifiques. Cependant, il est fort probable que la capacité de production des sociétés ne soit pas suffisante pour absorber le volume des opérations annulées au cours des deux mois de confinement.

Ainsi, le risque d’engorgement pour l’accès à ces prestations au moment de la fin du confinement est réel. Il est donc fortement recommandé d’anticiper dès aujourd’hui la mise en place de son plan de reprise d’activité.